Personne tenant un homard, en référence au #HomardGate

Communication politique : où est passé le media training ?

J’avais la sensation que nous étions entrés dans une nouvelle ère, celle de la post-vérité, des prises de parole raréfiées dans les médias traditionnels mais intenses sur les réseaux sociaux, du marketing politique hyper contrôlé. Et puis il y a eu l’affaire François de Rugy. Ou plutôt les affaires François de Rugy.

#HomardGate : une terrible défense

Ce sont moins les affaires en elles-mêmes – sur lesquels je vous laisse juges, ce n’est pas tellement mon sujet aujourd’hui – que les réactions de l’intéressé qui m’ont interpellé. Exemple chez Bourdin, ce matin :

Une autre séquence tourne (moins) sur Twitter, où l’on voit le même responsable politique les larmes aux yeux, la gorge nouée, dire froidement sa colère face à ce qu’il juge comme un acharnement. Bizarrement ça n’a pas eu le même impact, et pour cause : la défense de l’ancien président de l’Assemblée nationale sur son alimentation est très, très faible, et a suscité de nombreuses réactions négatives sur les différents réseaux.

Pas de media training…

La question qui me vient est la suivante : Rugy y est-il allé sans préparation ? Personne n’a-t-il pensé à un media training dans son équipe ? Ou bien, et c’est à mon sens plus probable, a-t-il jugé qu’il pouvait se défendre lui-même et balayer du revers de la main toutes les accusations avec ses mots à lui ?

Entendons-nous bien : il n’est pas question ici de juger de la gravité des informations révélées au grand public ces derniers jours. Il s’agit de communication de crise, de défense face à un enchaînement de révélations. On a vu, dans les quinquennats précédents, à quel point des scandales de ce genre peuvent peser dans l’opinion publique. Cette opinion publique a été forgée, au fil des années, par cette succession d’affaires, et n’a plus la même tolérance qu’autrefois. Il faut donc prendre ce sujet avec le plus grand des sérieux.

… ou des politiques qui s’entêtent ?

Qu’aurait pu être l’attitude du ministre de la transition écologique ? Deux réponses possibles :

  • Revendiquer la situation. Dire que tout est parfaitement normal, poser le cadre autour de ces accusations, et les justifier. C’est plus ou moins ce qu’il a tenté de faire au début, avant de partir sur ses goûts et ses intolérances alimentaires.
  • Assumer. Certains présentent régulièrement l’exemple des pays scandinaves, ou le moindre scandale provoque illico presto la démission de la personne concernée. C’était une possibilité, qui, coordonnée avec une bonne communication de l’Elysée, aurait pu ne pas trop affaiblir le président et montrer une volonté d’exemplarité.

Nous avons face à nous un nouvel avatar d’une communication de crise en roue libre. Comme si les responsables politiques n’avaient pas retenu la leçon des affaires précédentes : Cahuzac, Thévenoud, Fillon… autant de personnel politique mis en cause, et qui a en commun d’avoir tenté de se défendre envers et contre tout, souvent en dépit du bon sens. Ce qui me renforce dans l’idée que les communicants politiques et le media training ne sont pas en cause : ce sont bien les politiques qui s’entêtent.

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