Je répondais récemment aux questions d’une jeune collègue qui a piloté la partie social media des Imaginales – un festival que je vous recommande tout particulièrement si vous aimez les littératures de l’imaginaire. Une question m’a fait réfléchir après coup, celle de l’avenir des community managers / social media managers. Comment le métier va-t-il évoluer ? Quelles sont ses perspectives ?

Il serait commode aujourd’hui d’imaginer que nous sommes dans une phase relativement stable concernant nos métiers : l’installation de la communication 2.0 est presque partout une évidence – encore que, mais c’est une autre histoire – et le métier de community manager, à défaut de toujours bénéficier de la reconnaissance professionnelle et salariale qu’il mérite, prend petit à petit place aux côtés des chargés de communication, attachés de presse et autres chefs de projets. Ce serait un peu vite oublier d’où nous venons : il y a encore dix ans, ce métier n’existait pas. Il y a cinq ans, nous étions nombreux à encore faire de la bricole dans nos organisations respectives, faute de fiches de postes satisfaisantes, et nous faisons encore face à de nombreuses réticences de nos décisionnaires, singulièrement en communication publique.

Il est donc très probable que dans cinq ans, le métier ne sera pas tout à fait le même qu’aujourd’hui. Plusieurs pistes sont d’ailleurs déjà évoquées.

L’IA pourrait prendre une place toujours plus grande

L’arrivée récente des chatbots dans le quotidien des experts en social media a déjà modifié notre façon de travailler. Or, s’il est peu probable que les community managers soient des chatbots très évolués dans un avenir proche, il est à parier que les possibilités seront, à court terme, plus grande, notamment dans la gestion de certaines fonctionnalités basiques. Mais dans un métier comme le nôtre, où la réponse adaptée est primordiale, l’humain restera encore longtemps le facteur essentiel d’une communication réussie.

Le community manager, un porte-parole de l’organisation

Même si cette tendance me contrarie quelque peu, il me semble envisageable que le côté porte-parolat du community management prenne de l’ampleur dans les années à venir. La partie animation de communautés prendrait ainsi une place plus importante, avec une personnification de la marque, réelle ou artificielle. C’est à mon sens une prise de risque, qui concentre la communication sur une personnalité, mais certaines marques / organisations en font déjà le pari, avec plus ou moins de succès. Il suffit de voir actuellement le nombre de tweets signés, les Facebook lives mettant en scène le community manager, ou n’importe quel autre support personnifiant la marque. Je pense que cette tendance s’accentuera.

Une expertise et une polyvalence accrues

En 2017, il n’est plus demandé aux community managers d’être simplement de bons rédacteurs et de connaître les usages des différents médias sociaux. Ils doivent être en capacité de mettre en place de véritables outils de veille, de reporting, avoir quelques connaissances en PAO, en marketing, en SEA, en relations presse, etc. Et cela n’est pas près de s’arrêter, à mon avis. Le community manager / social media manager est, et sera encore davantage dans un avenir proche, un super chargé de communication ou un super attaché de presse, qui devra faire preuve d’une polyvalence toujours plus grande et se révéler très agile dans son métier. Il faudra cependant faire attention à ne pas avoir des connaissances sur tout pour finalement n’être expert en rien.

Comment voyez-vous nos métiers dans les années à venir ? Pensez-vous que les pistes évoquées ci-dessus sont envisageables ? N’hésitez pas à m’en faire part en commentaire, ci-dessous.

 


Maxime Pisano

Je m'appelle Maxime Pisano, j'ai 30 ans. Je suis un communicant qui vit son métier avec passion et enthousiasme, surtout quand c'est accompagné de 2.0 et de relations publiques. Je le pratique depuis plus de sept ans maintenant, avec un bonheur sans cesse renouvelé, au gré des missions et des opportunités.